20180115

RED BUTTON'S NATION : Roldo

La nuit avait été fraîche.

Sara et Pete avait commencé la traque d'un cerf à deux têtes la veille au soir. La bête, bien que gravement blessée s'obstinait à fuir, tout en se vidant de son sang et en perdant ses forces, comme si la distance qu'elle mettait entre elle et ses poursuivants allait lui permettre d'aller mieux.

Elle était condamnée, les chasseurs le savaient, c'est pour cela qu'il ne lachaient pas la piste.
À vue de nez, le cerf faisait un peu plus de 200 kg. Une belle pièce qui fournirait suffisamment de viande à la bande pour quelques repas.

Tout à leur traque, il ne firent pas attention à l'environnement. Ils suivaient la piste du cerf, essayant de repérer ses traces, ce qui était de plus en plus facile, la bête étant épuisée. C'est en milieu de matinée que Pete pris conscience de leur situation : ils avaient quitté les États du Nord, et étaient entrés sur les terres de la Nation des Sables,
en territoire mutant, sans y prêter attention… Cela faisait une bonne demi-journée…

Merde !

Que se passe-t-il Pete ? demanda Sara.

Elle le connaissait suffisamment pour savoir quand il était contrarié.

Que se passe-t-il ? demanda-t-elle à nouveau.

Nous avons passé la frontière. Nous sommes entrés dans la Nation des Sables…

– Quoi ?!? Sara fut prise d'une angoisse subite. Qu'est-ce qu'on va faire Pete ? On abandonne la traque ?

Pas question, dit Pete. On a de quoi nourrir tout le monde pendant une semaine. Il est bientôt mort, je suis sûr qu'il n'y en a plus pour longtemps !

Et si ça dure plus longtemps que tu ne crois ? Et si on tombe sur une bande de mutants ? On raconte des choses horribles sur eux…

Il n'y a pas de raison que l'on tombe sur des mutants. Ouvrons l'œil, ne faisons pas de bruit, et tu verras, tout va très bien se passer.

Sara n'était pas rassurée pour autant.

Et quand le cerf sera mort, comment on le ramène ? On est a pied, je te rappelle !

– On va chercher de quoi faire un brancard. On le roule dessus, et on tire par l'avant tous les deux.

– On ne tiendra pas une demi-journée pour le trajet retour en trainant 200 kg !

– Écoute Sara, nous ne sommes pas forcés de le trainer jusqu'au bout. À cinq kilomètres d'ici, en arrivant, nous avons traversé une sorte de défilé rocheux. J'ai vu quelques ouvertures qui doivent être des grottes.
On emmène le cerf là-bas. On dissimule l'entrée et on retourne au camp chercher de quoi le ramener.

– Mais si on rencontre une bande de mutants ?

– Bon sang Sara, arrête un peu ! Nous sommes au maximum à vingt kilomètres de la frontière avec les États du Nord ! Ils ne doivent pas trainer par ici. Leur territoire est immense, à mon avis, ils sont plus loin à l'intérieur de la Nation des Sables.

Sara n'était toujours pas rassurée. Pete avait l'air de savoir ce qu'il faisait, et sa réputation de pisteur au sein de la bande était bien considérée. En plus, il n'était pas le genre tête brulée…

– D'accord, dit-elle à contre-cœur, mais on ne traine pas !

– Promis. On le retrouve, ce qui ne devrait plus être long. Au besoin on l'achève, et on rentre.

Ils reprirent la traque.

La piste était récente, et visiblement la fin était pour bientôt. La bête laissait des traces que même un novice aurait pu suivre. La végétation sèche était fendue d'un large sillon qui disparaissait derrière une colline.

Ils avancèrent prudemment. Sara réarma son arbalète. Il lui restait quatre carreaux. Pourvu que la situation ne dégénère pas…

Ils arrivèrent en haut de la colline en rampant. Jetant un coup d'œil de l'autre côté, ils virent à une trentaine
de mètres le cerf qui était à moitié allongé.

– Qu'est-ce qu'on fait ? demanda Sara.

– Achève-le, dit Pete à voix basse. S'il se relève, on va devoir recommencer à le suivre…

Sara épaula son arbalète calmement. Elle prit le temps de viser, bloqua sa respiration, et appuya sur la détente.
Le carreau partit avec un léger sifflement et frappa le cerf en pleine poitrine. La bête s'écroula. Morte.

– Tu vois, dis Pete, c'était pas si compliqué. Allez, on va voir s'il est bien mort, je construis le brancard et on s'en va fissa.

Ils s'approchèrent du cerf. Il ne bougeait plus.

– Ok, dit Pete. Je vais à gauche, tu vas à droite. Dès qu'on trouve des choses permettant de construire l'ossature du brancard, on les amène ici. Lorsque que l'on en aura assez, on assemble, on charge et on y va.

– Et tu vas la fixer comment ton ossature de brancard, rigolo ? demanda Sara.

Pete sourit et plongea la main dans sa besace. Il en ressortit une bobine de corde.

– Tadaam ! Souvenir de Merc City !

– Super. Allez, on s'y met !

Au vu de la position du soleil, l'après-midi venait de commencer. Si tout allait bien, ils auraient dissimulé le corps du cerf avant la nuit, et ils seraient de retour au camp une bonne heure et demie après.
Le temps passait et les matériaux s'accumulaient non loin de la dépouille du cerf. Sara avait trouvé dans un bâtiment en ruines situé un peu plus loin une espèce de grosse bâche plastifiée qui conviendrait très bien pour le transport du cerf. Le matériau était résistant et pas très lourd.

Au bout d'un moment, ils eurent de quoi faire, et ils commencèrent à assembler le brancard. Ils s'étaient un peu reculés, afin d'avoir la place nécessaire, tournant le dos à la dépouille de la bête. Le travail avançait bien, quand Sara eut la détestable impression d'être épiée. Elle se retourna et sursauta.

Derrière eux se trouvait un mutant. Aucun des deux ne l'avait entendu arriver. Il se tenait entre eux et le cerf et leur faisait face, les mains croisées dans le dos, tel un chef de chantier surveillant le travail des individus se trouvant sous ses ordres. Il portait pour tout vêtement un espèce de pagne kaki, usé et sale. Sa tête était couverte d'un casque en métal au centre duquel était encastré un système optique.
Sur son torse une pièce métallique rouillée était apparente. Visiblement elle était fixée sous la peau, mais celle-ci ne s'était jamais véritablement remise en place après que cette prothèse lui eut été fixée.

Pete leva tranquillement les mains, et s'efforça de parler d'une voix calme.

– Nous chassions ce cerf, là, derrière vous. Nous l'avons blessé et il nous a entrainé plus loin que nous ne le pensions. Maintenant nous allons le charger et le ramener. Nous allons faire vite, histoire de ne pas vous ennuyer trop longtemps.

Le mutant le regardait, l'optique rouge de son casque pulsait doucement. La lumière montait en intensité, puis retombait. Un temps passa.

– Vous comprenez ce que je dis ? demanda Pete

Le mutant ne répondit rien. Pete entendit une voix à l'intérieur de son crâne qui disait :

– Ici, c'est la Nation des Sables. On ne tue pas les mutants, car ils sont chez eux.

À voir la tête que faisait Sara, elle avait elle aussi entendu ce qu'avait dit le mutant. Cependant aucun son n'avait été émis. Il était toujours à la même place, dans la même position, les mains derrière le dos.

– Pas de problème, dit Pete en regardant l'optique rouge. Nous ne voulons tuer personne. Simplement emmener ce cerf et rentrer chez nous.

Il fit un signe de tête à Sara, et ils avancèrent tous les deux vers la dépouille du cerf.

Le mutant n'avait toujours pas bougé. Ils avancèrent encore.

Puis tout alla très vite.

Le mutant ramena sur le devant les bras qu'il avait croisés dans le dos. À chacune de ses mains était fixée une lame courbe. Pete n'eut pas le temps de réaliser ce qu'il se passait. La première lame lui trancha la gorge.
Ce fut la dernière chose que vit Sara. L'instant d'après la seconde lame se plantait dans son cœur…

Le mutant regarda les dépouilles des deux chasseurs.

Il s'approcha du cerf mort et enleva les deux lames qu'il portait attachées à ses mains.

Puis, il enleva son casque. Au milieu de son front se trouvait un seul œil.

Posant doucement ses mains sur une des deux têtes du cerf, il le regarda longuement, puis il dit :

– Je leur avais dit. Ici, c'est la Nation des Sables. On ne tue pas les mutants, car ils sont chez eux.












Roldo est la première figurine de ma bande de Mutants pour Red Button's Nation. Je recommence, comme pour les Esclavagistes, à introduire chaque personnage par un peu de fluff.

Lorsque ma bande sera terminée, je m'attaquerai à leurs véhicules. Je sais, on va me dire que j'en ai déjà plein.
Ça n'est pas vrai, je n'en ai fait que 10, et pour moi ils appartiennent aux Esclavagistes.
Je vais donc en refaire pour les Mutants.

Entre deux, je vais m'efforcer de glisser des décors. J'en ai une quantité totalement déraisonnable en stock, il va bien falloir que je les peigne à un moment ou à un autre…


8 commentaires:

  1. Excellent !! ^^

    Ravi de voir que le blog reprend vie ^^

    J'allais finir par croire que toit aussi tu avais été pris par la nation des sables ^^

    Très belle mise en couleurs en plus de ça : tu as considérablement progressé ces derniers mois je trouve ^^

    Meilleurs vœux en tout cas ^^

    Serviteur,

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  2. Merci mon Cher Morikun ! ^^

    C'est vrai que depuis le mois d'août, je n'ai rien posté…

    Beaucoup de choses déstabilisantes IRL, le manque de motivation, le manque d'attrait pour ce qui sort en ce moment à part peut-être pour Minus qui met ses Burnes Out et Astrahys (sous réserve des règles).

    J'ai baissé la cadence au niveau de la peinture, j'y passe plus de temps. Si j'en crois ta remarque, ça m'est bénéfique ! ^^

    Meilleurs vœux à toi également pour cette année qui commence !

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  3. J'aime beaucoup tes textes d'introduction. Un vrai plaisir à lire :)

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  4. Merci gilel !

    Bientôt la suite ! ^^

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  5. Cool, te voilà de retour !
    J'aime bien la fig, elle vient de quelle gamme ?

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    1. Salut copain !

      La fig vient de chez Anakron, qui fait de bien jolies choses :

      http://www.anakron.fr/store/fr/

      J'en avais pris quelques unes à l'occasion du Black Friday, pendant lequel il y avait 30% de réduc sur toute la gamme…

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  6. Ouh alors lui on espère ne pas le croiser dans le désert... Très belle figurine, vraiment évocatrice.

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  7. Dans le désert ou ailleurs… ^^

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RED BUTTON'S NATION : Roldo

La nuit avait été fraîche. Sara et Pete avait commencé la traque d'un cerf à deux têtes la veille au soir. La bête, bien que gravement...