20160524

[Red Button's Nation] : Caesar

La lourde porte métallique coulissa difficilement en émettant un crissement aigu…

Wormson transpirait à grosses gouttes.

Il cala ses deux mains sur la grosse poignée et recommença. La porte glissa d'une vingtaine de centimètres puis bloqua.

Plié en deux, les mains sur les genoux, il tentait de reprendre sa respiration.

Désespéré, il tourna la tête vers Darius et Ike qui étaient assis un peu plus loin sur le capot d'une voiture :

« Bon d'accord. Vous aviez raison. Je ne vais pas y arriver seul. Vous venez m'aider ? »

« Quand on te le disait… », dit Ike. Il se tourna vers Darius :

« Tu viens ? »

« Non. »

« Pourquoi non ? »

« Il a pas dit "S'il vous plaît"… »

Ike esquissa un sourire sous son masque. Ça allait encore durer des heures…

Wormson s'impatientait.

« Alors ? Vous venez ? »

« T'as entendu Darius ? lui dit Ike. T'as pas dit "S'il vous plaît"… »

« Ah putain, faites chier ! »

« Non, dit Darius, "S'il vous plaît" »

« Pourquoi j'dirai "S'il vous plaît" ? »

« Parce que tu as besoin de nous… Quand on a besoin des gens pour quelque chose, on demande poliment. »

« Tu veux pas que j'te roule une pelle, non plus ? »

Darius sourit.

« "S'il vous plaît" sera suffisant… Je ne voudrai pas abuser de la situation… »

« Bon allez, ramène tes fesses Darius, elle va pas s'ouvrir toute seule cette porte… »

« "S'il vous plaît…" »

« Et merde. »

Wormson respira un grand coup.

« Honorable Darius, bien aimable Ike, auriez-vous l'extrême obligeance de bien vouloir déplacer vos augustes séants afin de venir m'aider à faire coulisser cette lourde porte, s'il vous plaît ? »

« Non », répondit Darius.

« Quoi ?!? J'ai dit "S'il vous plaît". Pourquoi non ? »

« Pour te faire chier, dit Darius. Tu viens Ike ? »

Voyant que Ike ne bougeait pas, Darius ajouta : « S'il te plaît ! »

« Mais bien sûr Darius, avec joie. »

Se levant, il suivit le colosse.

Wormson les regardait arriver tous les deux, morts de rire.

« Branleurs… »

Se positionnant le mieux possible, ils poussèrent à trois en même temps. La porte résista un peu,
et d'un coup, comme si quelque chose avait cédé, elle se mit à coulisser lentement, mais régulièrement.
À eux trois, au prix d'un long effort, ils dégagèrent une ouverture d'à peu près 4 mètres de large.

L'intérieur était sombre. On n'y voyait pas à quelques mètres.

Siaye sortit des torches de l'arrière de son pickup. Elle les alluma une par une et les passa autres.

« Bon. D'après mes infos, dit Talla, ça continue à plat sur une vingtaine de mètres puis ça va descendre en tournant. Ce qu'il y a en dessous, je n'en sais rien. Déployez-vous et soyez vigilants. »

Ils pénétrèrent à l'intérieur à cinq : Darius, Wormson, Ike, Talla et Siaye. Les six autres restèrent près des véhicules.

La température était fraîche, ce qui n'était pas un mal, comparativement à la fournaise extérieure.

Ils avancèrent prudemment, la torche dans une main, une arme dans l'autre. La zone dans laquelle ils étaient faisaient a peu près 8 mètres de large et descendait en pente douce.
Soucieux d'être discrets, ils avancèrent précautionneusement, sur leurs gardes…

Après avoir marché quelques minutes en descendant et en ayant fait un tour complet, ils arrivèrent au niveau du dessous.

L'impression de noirceur insondable était ici encore plus présente. Ils avancèrent en ligne, doucement. Quelques mètres plus loin, une forme familière leur apparut.

« Un groupe électrogène… »

Talla s'en approcha. Siaye l'éclaira de sa torche, et après avoir cherché quelques instants, il le mit en route. Une espèce de ronronnement sourd se fit entendre, suivi quelques secondes plus tard de « clangs » réguliers, au fur et mesure de l'allumage de puissantes rampes d'éclairage.

Ils étaient sur un plateau de plus ou moins 80 mètres de long sur 30 mètres de large. Ce plateau était divisé en plusieurs zones plus petites. En face de là d'où ils venaient, une bande de 5 à 6 mètres de large était vide, sur toute la longueur, probablement destinée au stationnement des véhicules.
À droite de cette bande se dressait une rangée d'étagères, pleines de pièces mécaniques destinées à la réparation de voitures. Plus loin, toute une série de matelas, posés à même le sol, avec des espaces aménagés afin de pouvoir cuisiner sommairement. À l'extrême droite du plateau se trouvait des rateliers avec une quantité d'armes impressionnante. Plus loin des mètres linéaires de barres en métal sur lesquelles étaient accrochés tout type de vêtements. Pour homme, pour femme, vêtements chauds, vêtements légers, en quantité…

« Bingo… », dit Ike.

Il partit explorer avec Darius et Wormson le fond du plateau.

« Comment connaissais-tu l'existence de cet endroit ? » demanda Siaye à Talla.

« Hermann. »

« Le Mutant ? »

« Ouais. Je lui ai rendu service plusieurs fois. Un beau jour il m'a dit que pour m'éviter des ennuis lors de la traversée des Terres Mortes, il avait une info qui rembourserait tout ce qu'il lui semblait me devoir, et m'a indiqué la localisation de cet endroit.
C'était à l'origine un parking souterrain datant d'avant la catastrophe. Il a été oublié pendant longtemps, et un jour des Survivants sont tombés dessus. Ils s'y sont installés et l'ont fortifié.
Pourquoi ils ont quitté cet endroit, je n'en sais rien, mais Hermann a récupéré la clé de la grosse porte extérieure auprès du dernier type en vie qui avait vécu ici. »

« On va être bien ici, dit Siaye. J'ai toujours rêvé d'une résidence de vacances dans les Terres Mortes… »

« Ça va nous éviter d'avoir des ennuis avec les bandes de Robots qui traînent. Surtout quand on s'arrête pour se reposer…
Remonte là-haut. Fais entrer tout le monde. Tous les véhicules descendent ici, à part le bus qui reste sur la partie plate du haut. Verrouillez derrière vous. On reste ici cette nuit. Ah et puis demande à Rudbaugh s'il ne peut rien faire pour que la porte coulisse mieux ! »

À peine Siaye était elle repartie, que les trois autres revinrent du fond du plateau.

Ike était énervé.

« Talla, Talla, j'ai trouvé un camion, je peux le garder ? »

« Reste calme petit on va aller voir.

Darius, dresse-moi un inventaire complet des armes sur les rateliers, type et quantité, idem pour les munitions.

Wormson tu guides les véhicules au fur et à mesure de leur descente. Tu leur fait faire demi-tour pour qu'ils soient prêts à repartir rapidement.

Bon elle est où ta trouvaille Ike ? »

« Là-bas, au fond, y'avait une bâche dessus. Il a pas l'air en mauvais état, en plus y a les clés et le réservoir est plein… »




Caesar est un véhicule de déblayage utilisé pour la neige, semble-t'il…

Voici la version d'origine, telle qu'elle est à la sortie de la boîte :


Photo pas nette du net…


Sur celui-ci, je n'ai pas fait grand chose, si ce n'est la peinture et la déco : sa forme initiale me plaisait bien, et l'espèce de lame destinée à pousser la neige pouvait très bien passer pour un bélier. J'ai enlevé le rouleau qui se trouvait dessous sûrement pour étaler.
Comme d'habitude, je l'ai "nomadisé", avec des sacs, des caisses, un tonneau, etc. Tout ce matériel a été placé sur une des palettes que j'avais acheté en lot.

J'ai constaté, après avoir collé, entre autres la palette, et l'un ou l'autre sac, que le surplus de colle laissait des zones transparentes légèrement brillantes après séchage. Ça n'était pas flagrant, mais ça se voyait.
Quelle n'a donc pas été ma surprise, lorsque je me suis rendu compte qu'après le passage du vernis en bombe, les traces de colle avaient disparues…


















20160514

[Red Button's Nation] : Ike et photo de groupe de la bande

Siaye enleva précautionneusement les linges enduits de baume apaisant qui était posés sur le visage
et le torse du jeune homme et esquissa une grimace… Il était salement arrangé.

Son visage avait dû être beau, la forme avait l'air jolie, pour le peu qu'on en voyait.

Sa peau était brûlée atrocement. La tête et le haut du corps avaient été touchés. Il avait eu de la chance
de ne pas s'embraser complètement : un jet de lance-flammes à bout portant, ça ne pardonne pas.

Siaye entreprit de renouveler les linges, sur lesquels elle étala une pommade épaisse qu'elle faisait
elle-même, souvenir d'une époque révolue…

Talla entra doucement dans le bus. Il s'arrêta au chevet du garçon et détailla sa peau brûlée, suintante de pus par endroits, cloquée à d'autres.

« Napalm Monk ? »

« Oui… Si tu veux mon avis, le gamin a eu de la chance de s'en sortir vivant… »

« Il va s'en remettre ? »

« Ça va être long. Long et douloureux. Le pire ce sera pour son visage. Mon baume cicatrisera ses brûlures, c'est sûr. Selon la gravité, cela prendra plus ou moins de temps. Par contre, il ne faudra plus qu'il espère courir les filles… Son physique sera loin d'être gracieux… »

« Saleté de moine… »

Talla repartit, empli de colère. Quel taré ce Napalm Monk. Incendier un gosse au lance-flammes.
Sûrement pour un prétexte futile, encore une fois…

Le temps passa. La vie du convoi suivait son cours. De la route, des haltes, du troc, des expéditions dans des lieux reculés à la recherche d'objets pouvant se revendre à un bon prix, la routine…

Le gamin mit quelque mois à se retaper.

Le convoi en entier se rappelle du cri qu'il poussa lorsqu'il vit pour la première fois son visage brûlé…

Quelques temps plus tard, alors qu'ils fouillaient une ville désertée, ils tombèrent sur un vieux magasin d'articles de sport. D'autres étaient déjà passés, et les choses utiles pouvant faire office d'arme comme les clubs de golf ou les battes de base-ball avaient disparus, de même que les tentes, les sacs de couchage, etc.

Yiprick regardait à droite et à gauche, ne cherchant rien de spécial, trop de monde s'était déjà servi.
Il parcourait les rayons, lentement, quand soudain, il marqua un temps d'arrêt. D'abord dubitatif, son visage s'éclaira d'un sourire. Il tendit la main et ramassa une boite en carton qui jonchait le sol.

Le gosse avait 15 ans, il s'appellait Ike. C'est tout ce qu'ils purent tirer de lui.

Talla lui proposa de rester avec eux, de devenir un membre à part entière du convoi.

« Je ne sert à rien, je ne sais rien faire… »

« Pas besoin de savoir faire », lui dit Siaye. « Faut juste vouloir apprendre. Fais nous confiance, on va s'occuper de toi ! »

« Facile à dire. Tu as vu mon visage ? Vous allez supporter ça tous les jours ? »

« Ça ne sera pas évident pour tout le monde… Mais on a peut-être la solution : Yiprick t'a trouvé quelque chose… »

Siaye lui tendit la boite en carton. L'emballage n'était plus de toute première fraicheur, mais on pouvait encore lire sur le dessus :

Masque Pro Shot facial blanc. Fabrication de carbone léger et de fibres aramides. Doublure quadruple densité fixée mécaniquement. Zone de confort en gel. Prix : 135 $.

« À quoi ça sert ? », demanda Ike.

« C'est pour mettre sur ton visage, dit Talla. Si tu ne veux pas sortir avec le visage à nu, cela fera très bien l'affaire ! Ça servait pour un sport qui s'appellait "hockey". »

Ike mit le masque sur son visage.

« C'est confortable. »

Siaye lui tendit un vieux bout de miroir cassé pour qu'il puisse voir à quoi il ressemblait.

« Whaaaa… c'est cool ! »


10 ans plus tard.

Ike a maintenant 25 ans. Cela fait 10 ans qu'il est avec le convoi. Il a appris la mécanique avec Rudbaugh,
le tir avec Siaye (qui lui a d'ailleurs offert son premier pistolet), le combat à mains nues avec Talla et Thorhart. Darius a pris en charge son entrainement physique et lui a fait développer sa masse musculaire, sous le regard bienveillant de Martha…

C'est devenu un guerrier accompli. Admiratif de la façon de se battre de Talla, il se bat au corps à corps avec une griffe, comme son mentor.

Dans les périodes calmes, on le voit souvent avec Darius. Ils peuvent rester ensemble des heures sans parler. Avec Siaye aussi, qu'il aime beaucoup et envers qui il éprouve une énorme reconnaissance pour les soins qu'elle lui a administré…

Dans les périodes de combat, c'est une machine à tuer. Il utlise le pistolet et la griffe, parfois les poings. Autour de son cou pend une grenade qu'il n'utilise pas. C'est un cadeau. Pour Napalm Monk. Pour le jour où il se retrouveront face à face…




Ça y est. Ike est le dernier combattant pour ma bande d'Esclavagistes. J'en ai maintenant 11. Encore quelques véhicules, et j'aurai largement mes 600 points, voire plus.
Ci-dessous quelques photos d'Ike et une photo de famille des Esclavagistes au grand complet.