20150421

[Red Button's Nation] : Yiprick

Yiprick ajusta son masque anti-poussière.

Satané vent !

Sec et charriant des particules radioactives, on l'appelait le « Vent du Démon », capable de dessécher un corps humain en quelques heures à peine, ne laissant après son passage que les os de l'infortuné qui n'avait pas eu le temps de s'abriter.

Yiprick était là depuis trois jours. Trois longues journées…
N'ayant plus de provisions, il avait repéré quatre cultistes qui déplaçaient une charrette à bras lourdement chargée.
Tantôt tirant, tantôt poussant, ils se donnaient beaucoup de mal afin de la faire avancer.

Yiprick, tenaillé par la faim espérait bien trouver dans cette charrette de quoi calmer son appétit.
Seulement, les Cultistes étaient quatre. Dont deux armés de fusils d'assaut. Il s'était donc contenté de les suivre, attendant l'occasion favorable.
Quand les Cultistes avaient installé leur lourde tente au fond d'un creux de terrain, Yiprick s'était à moitié enterré un peu plus loin, et ne perdait pas de vue l'activité du camp.
S'emparer de la charrette et s'enfuir était exclu. Ils avaient déjà de la difficulté à la mouvoir à deux, alors lui seul, n'en parlons pas !
Le seul moyen pour arriver à ses fins était une élimination physique totale des Cultistes.
Quatre contre un.
Fallait pas se louper, sur ce coup-là…

En fin de journée, le vent tomba.
Un peu plus tard, l'un des pans de la lourde tente s'entrouvrit et un Cultiste sortit avec à la main un grand panier en osier. Il entreprit de ramasser du bois, probablement afin de faire un feu.
Ses pas le menaient droit en direction de la cachette d'Yiprick. Celui-ci en sortit silencieusement, et se dissimula derrière un pan de mur à moitié écroulé, tout en ne perdant pas de vue la progression de l'homme au panier.
Son plan était simple. Si simple que c'en était presque gênant ; il allait se rapprocher du Cultiste de manière à être le plus près possible de lui lorsqu'il aurait terminé son ramassage de bois.
À ce moment là, il le tuerait en l'étranglant avec sa chaîne. Puis il lui prendrait sa robe de bure et s'en vêtirait de manière à pouvoir entrer dans la tente sans se faire sauter dessus à peine à l'intérieur. Oui, mais après ? Les trois autres y étaient, avec la charrette, et Yiprick ne savait absolument rien de la configuration intérieure de l'abri de toile. Où était placée la charrette, les Cultistes étaient-ils sur le qui-vive, autant de questions pour lesquelles il n'avait pas de réponse…
Après avoir réfléchi un long moment, il se dit qu'il ne devait pas laisser passer sa chance. Il commencerait son plan comme prévu, pour le reste, il improviserait, il avait l'habitude.

Il sortit la tête de derrière son muret afin de localiser la position actuelle du Cultiste, qui selon ses calculs ne devait pas être très loin de lui.

La pointe d'une épée se posa sur sa gorge…

– « Salut. Moi c'est Talla », fit une voix calme et posée.

Yiprick se jeta en arrière afin de se dégager de la lame, effectuant une roulade du plus bel effet, et se remit sur ses pieds.
La pointe d'une épée appuya entre ses omoplates.

– « Ah, et moi, c'est Thorhart. À qui avons-nous l'honneur ? »

Le Cultiste revenait vers le camp. Il avait été mal à l'aise pendant toute la durée de son ramassage de bois, et avait dû lutter de toutes ses forces pour ne pas retourner en courant vers la tente où se trouvaient les autres. Quelque chose le mettait mal à l'aise, quelque chose qu'il n'identifiait pas, mais qui lui causait une peur bleue.
Arrivant à une vingtaine de mètres de la tente, il commença à se sentir mieux, quand soudain une espèce de colosse avec une crête orange apparut devant lui.

– « C'est cool, il à l'air bien sec ton bois. Il va bien brûler ! »
Une langue de feu orange sortit du lance-flamme et se dirigea tout droit vers le Cultiste qui hurla, avant de s'enflammer comme une torche, sous les rires de Wormson qui s'amusait comme un petit fou.

Alertés par les cris de terreur, deux des Cultistes sortirent en trombe de la tente. Le premier se prit un carreau d'arbalète en plein crâne et s'effondra sur place. Le second essaya de lever le fusil d'assaut qu'il avait en bandoulière quand la griffe de Talla lui trancha la gorge, le stoppant net dans son élan.
Le dernier ne demanda pas son reste et partit en courant à travers les ruines comme s'il avait le diable aux trousses. Il bifurqua dans la première rue perpendiculaire qu'il rencontra, sur sa gauche. Il se passa une poignée de secondes et une puissante déflagration retentit.
Le Cultiste jaillit en marche arrière de la ruelle dans laquelle il s'était engouffré, volant littéralement au-dessus du sol, avant de s'écraser sur le dos, mort…

– « On dirait qu'il a rencontré Der Sturm… » dit Wormson.

Pendant que Wormson et Rudbaugh démontaient et rangeaient précieusement la tente des Cultistes dans un des véhicules des Esclavagistes, Talla et Thorhart qui venait d'arriver avec Yiprick, jetèrent un œil sous la bâche de la charrette.
La moitié de la surface de stockage était occupé par un rectangle de métal plein fixé sur une armature également en métal. Précieusement posé sur le côté, un volant à quatre branches était coincé contre l'un des côtés de la charrette par une pile de tiroirs en bois divisés en petits compartiments dans lesquels se trouvaient des petits morceaux de plomb

– « Une presse à main et des casses de caractères… », dit Talla. 

– « Et par ici, des pots d'encre et des rames de papier…» lui répondit Thorhart

En examinant la charrette de plus près, ils trouvèrent quelques caisses en bois dans lesquelles étaient rangé de grosses liasses de feuillets dactylographiés.
La première page portait le titre : « Après l'Apocalypse, le nouvel ordre, organisé selon les préceptes de Fumita, Grand Ordonnateur de la Roue de la Vie Céleste »

– « Du matériel de propagande… »

Talla regarda Yiprick.

– « Tu voulais ouvrir une imprimerie ? »

– « Je ne savais pas ce qu'il y avait à l'intérieur, j'espérai juste trouver de quoi manger… »

– « Tu tombes bien, répondit Talla, on manque de bras. »

Avisant Der Sturm qui arrivait nonchalamment, un brin d'herbe entre les lèvres, le haut de forme de travers :

– « Der Sturm, tu prends le nouveau avec toi et tu charges les véhicules avec ce qu'on peut négocier, le reste on détruit. Ah, et trouve lui un truc à manger…»





4 commentaires:

  1. Je veux le même slip !

    C'est marrant comme les personnages masculins suscitent moins d'émoi que les personnages féminins ;)

    RépondreSupprimer
  2. Ouaip… On se demanderait ce qui intéresse les figurinistes à part les boobs… ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ouep, oublions la beauté de l'art quand une paire de nichons fait concurrence ^^

      Supprimer